Eglise, mon amour - Jeunesse-Lumière
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       Mon Eglise, t’y touche pas !

   I.

  

Cette Eglise, bouc émissaire de tous nos malheurs.

 

            En ce début de  3ème millénaire, l’Eglise berceau et noyau du christianisme, est de partout violemment ou insidieusement attaquée ou brimée, dont les pays islamistes. Là où l’Islam intégriste est au pouvoir, les chrétiens sont effectivement violemment persécutés ou à peine tolérés, en attendant leur éradication totale programmée[1].

            Dans un certain nombre de pays d’Europe occidentale, (passant pour chrétiens dans l’opinion et la propagande musulmane), ainsi qu’au Canada, les medias dans leur ensemble ne cessent de les tourner en dérision, sinon de les conspuer, les culpabilisant un maximum. Des courants écolos les rendent responsables de l’exploitation outrancière de la planète, et donc, des catastrophes naturelles en perspective. Vrai bouc émissaire.

            Profanations de tombes chrétiennes, d’Eglises et même de tabernacles, tags blasphématoires (entartement d’évêques), conférences ou messes violemment perturbées  se multiplient dans la quasi indifférence générale… y compris des pouvoirs publics. 5% de ces actes seraient faits aux Juifs et aux Musulmans, ce serait un tollé général, sinon une guerre planétaire !

            Des non-chrétiens tirent l’alarme. Un Raphaël Delpard[2] avec son : «  La persécution des chrétiens aujourd’hui » et un Bernard Henri Levy :

 

«  (…) J’affirme que face à ces persécutions massives de chrétiens, face au scandale, en Algérie par exemple, des femmes kabyles et chrétiennes mariées de force ou emprisonnées, face à l’élimination lente mais sûre des derniers vestiges – Benoît XVI a dit, empruntant le mot à la Bible Juive, les derniers restes -  de ces églises chrétiennes d’Orient qui ont tant fait pour la richesse spirituelle de l’humanité, il n’y a soudain personne.

       Alors de deux choses l’une :

       Ou bien l’on adhère à la doctrine criminelle et folle de la compétition des victimes (chacun ses morts, chacun sa mémoire et, entre les uns et les autres, la guerre des morts et des mémoires) – et l’on ne se soucie que des « siens ».

       Ou bien l’on ne veut pas y croire ( l’on sait qu’il y a, dans un cœur, assez de place pour plusieurs compassions, plusieurs deuils, des solidarités diverses et non moins fraternelles) – et l’on dénonce avec la même énergie, j’allais dire la même foi, cette haine planétaire, cette vague de fond meurtrière, dont les chrétiens sont les victimes et dont leur ancien statut de représentants de la religion dominante ou, en tout cas, le plus puissante empêche, aussi, que l’on avise. Permis de tuer quand il s’agit des fidèles du «  pape allemand » ? Permis de tuer au nom d’une autre guerre des civilisations non moins odieuse que la première, d’opprimer, humilier, supplicier ? Eh bien non, il faut aujourd’hui, défendre les chrétiens. »[3]

         Logique normale : à l’antisémitisme succède l’anti-christianisme. Et plus précisément : l’anti-catholicisme.

 Relativisme et conformisme virant à la dictature.[4]

         Comment ne pas admirer la lucidité et la précision du diagnostic quasi-chirurgical porté par Benoît XVI  sur l’idéologie actuelle virant à la dictature médiatique :

          « L'époque moderne a parlé de la libération de l'homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l'obéissance à Dieu. L'obéissance ne devrait plus exister, l'homme est libre, il est autonome: rien d'autre. Mais cette autonomie est un mensonge: c’est un mensonge ontologique, car l'homme n'existe pas par lui-même et pour lui-même, et c'est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n'existe pas, si Dieu n'est pas une instance accessible à l'homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité qui devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus - nous le savons depuis l'histoire du siècle dernier - peut également être un "consensus du mal".  La soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l'homme. L'obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l'instance qui nous place face à toutes les instances humaines. (Dans l'histoire de l'humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l'homme, qui sait voir Dieu et, au nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l'obéissance humaine). Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l'obéissance au pouvoir divin, est toujours l'acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.  Aujourd'hui, (grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais)  il existe des formes subtiles de dictatures:  un conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l'Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature. »[5]

 

 Pierre lynché : Jésus lapidé, l’Eglise flagellée !

 

       Le Pape fait régulièrement l’objet un hallali général .Homme sans défense, le voilà convoqué à un tribunal populaire, par des campagnes médiatiques frisant l’hystérie collective. Lynché publiquement. Brocardé universellement. Calomnié insidieusement.

            En négatif, formidable hommage rendu à la Papauté ! S’il déchaîne une telle colère, c’est qu’il ne laisse personne indifférent. Si l’on scrute au microscope chacune de ses paroles et de ses gestes, c’est bien qu’il compte pour le monde entier. Il serait le gourou d’une petite secte, on s’en ficherait. Mais voilà le hic : il est le seul à avoir une parole qui retentit dans tout l’univers. En fait, le seul qui, à l’échelle planétaire, peut parler au nom de l’humanité. L’unique repère encore respecté, écouté, suivi par une multitude, bien au-delà des frontières visibles de l’Eglise catholique. C’est bien pourquoi il est l’homme à abattre. Comme le fut en son temps Jean-Paul II, par le régime totalitaire précédent. Et ce fut l’attentat du 13 mai qui tel un boomerang se retourna contre le régime commanditaire.

            Dans la douloureuse affaire des prêtres pédophiles, il ne tergiverse pas. Il a donné l’exemple parfait du chef lucide et courageux, dont bien d’autres responsables d’institutions sociales pourraient s’inspirer. Il ne se défile pas. Il n’oblique pas. Il prend à bras le corps les problèmes. Il donne l’exemple admirable du parfait équilibre entre exigence et miséricorde, fermeté-douceur, amour et vérité, courage et humilité : ces doubles pôles inséparables. Ne fait-il pas son devoir sous le regard constant de Jésus, et déjà dans la lumière d’éternité en laquelle chacun de nos actes et paroles seront jugés à l’aune de la miséricorde ? Comme nous aimons son humble courage dans le service fidèle d’une Vérité qui ne s’impose que par sa seule beauté. L’homme du «  splendor veritatis », il l’est en toute vérité, comme le fut ce prêtre modèle de ceux de ce XXIème siècle : Jerzy Popieluszko qui sera béatifié le 6 juin prochain. [6]

            Son secret ? Cette humilité, condition de latémérité. Et encore ? Cette passion Eucharistique, source de toute audace apostolique. N’avait-il pas eu ce mot de splendeur à la Fête- Dieu 08 (je l’entends encore) : «  Qui s’agenouille devant le Corps de Jésus ne peut s’agenouiller devant aucune puissance terrestre, aussi puissante soit-elle » En vérité, qui a un cœur d’enfant, ne redoute aucun tyran.

             N’avait-il pas humblement demandé, lors de sa première messe pontificale : «  Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas devant les loups ! » 

              Mais derrière Benoît XVI, qui donc est visé en finale ? Celui-là même dont l’Eglise est le corps et qui a osé Lui-même s’identifier à ses membres (Mt 25,40, Ac 9,5). Prévenus, nous l’étions : «  S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. » (Jn 15,20). En se déchaînant contre Pierre, c’est Celui là-même dont il est et le serviteur et le porte parole et le re-présentant, qui est visé. Car, en définitive, qui donc est l’empêcheur n° 1 de tourner en rond, si ce n’est Jésus ?

               Et entre notre Jésus et Benoît XVI, qui donc encore est visé ? Toute l’Eglise ! Stratégie séculaire : frapper le berger pour disperser le troupeau. Décapiter le corps ! Pas si mal vu : effectivement Tête et Corps ne font qu’un. En négatif, formidable hommage rendu à la réalité de l’Eglise, comme corps, où tous sont solidaires !

 

La première pierre, à toi de la jeter ?

 

          Paradoxalement et inséparablement, elle est l’Église sainte des pécheurs[7]. Sainte, parce que l’Esprit lui donne la sainteté même de Dieu et transfuse en chacun la vie du trois fois Saint. Mais en même temps pécheresse, tout simplement parce que composée de... pécheurs.   Médecin de l’humanité, Jésus est venu la guérir de toutes ses blessures, maladies, fractures. Elle est l’hôpital de l’humanité[8],  hôpital où même l’assassin peut devenir un saint. L’Eglise des pécheurs en train d’être — très lentement — sanctifiés, divinisés. De manière  si souvent cachée, car  l’Esprit Saint agit incognito dans le secret des cœurs.

         Ce qui saute aux yeux, c’est bel et bien les faiblesses  non de l’Église comme telle mais de ses membres. Nous en sommes heurtés et choqués, heureusement ! Nous en souffrons, parce que Dieu lui-même en souffre infiniment plus que nous et intimement en nous. Dans le drame récent, qui pense.  

       Ne dois-je pas déborder de compassion ? Comme Jésus l’est  pour moi. Aimer l’Église, non seulement comme Jésus l’aime, mais comme il m’aime moi. Et comment m’aime-t-il ?  De miséricorde !

          En voyant l’Église en ses plaies, c’est moi-même que je vois. Ses faiblesses, infidélités, déchirures et failles ne me scandalisent pas : je m’y reconnais ! Comment lui jeter la première pierre, sans d’abord me remettre dans la lumière ?

        Et si tu as pu être blessé par des personnes d’Église : pardonne ! Que ces blessures faites par elles deviennent des blessures d’amour pour Elle ! Ces mots magnifiques de jeunes :

      «  J’ai souffert par l’Eglise  autant qu’il est possible, mais là est né mon amour pour elle et mon respect infini du prêtre, parce qu’elle et eux m’ont coûté des larmes et du sang. » (Charline, 18 ans)

     «  L’amour de l’Eglise, telle qu’elle est, à remporté toutes les blessures qu’Elle m’avait faites. Elle est pauvre mais Sainte ! Oui, je l’aime, mon Eglise ! Et puis, je suis moi-même pauvre ! » (Patricia, 20 ans) 

 

Votre pardon, nous l'implorons !

 

        Sainte est l’Eglise, parce qu’elle ne cesse  etd’implorer la miséricorde de Jésus, et de mendier le pardon des hommes. Tout comme j’essaie de le faire moi-même.

        Déjà, pour préparer le grand  Jubilé, Jean Paul II a multiplié les humbles demandes de pardon tous azimuts. Le 7 mars 2000, à la face du monde, l’Eglise catholique, par la voix de son Pasteur a réfracté cet acte de repentance en sept grands créneaux d’infidélités. Attitude courageuse expressément voulue par lui, malgré l’avis réservé d’évêques et de cardinaux.[9]

        Dans son sillage, notre Benoît XVI implore le pardon des victimes. Il pousse toute l’Eglise à faire pénitence, à «  reconnaître devant le Seigneur et devant les autres, les graves péchés commis contre des enfants sans défense, cette honte, ce remords que nous éprouvons tous. »

       Que cet exemple magnifique de courage, de vérité, de clarté, entraîne d’autres institutions et organismes, où ces crimes sont proportionnellement, incomparablement bien plus nombreux, à faire le même travail de purification.

 

 

 
Eglise, mon amour - Jeunesse-Lumière
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       Mon Eglise, t’y touche pas !

   I.

  

Cette Eglise, bouc émissaire de tous nos malheurs.

 

            En ce début de  3ème millénaire, l’Eglise berceau et noyau du christianisme, est de partout violemment ou insidieusement attaquée ou brimée, dont les pays islamistes. Là où l’Islam intégriste est au pouvoir, les chrétiens sont effectivement violemment persécutés ou à peine tolérés, en attendant leur éradication totale programmée[1].

            Dans un certain nombre de pays d’Europe occidentale, (passant pour chrétiens dans l’opinion et la propagande musulmane), ainsi qu’au Canada, les medias dans leur ensemble ne cessent de les tourner en dérision, sinon de les conspuer, les culpabilisant un maximum. Des courants écolos les rendent responsables de l’exploitation outrancière de la planète, et donc, des catastrophes naturelles en perspective. Vrai bouc émissaire.

            Profanations de tombes chrétiennes, d’Eglises et même de tabernacles, tags blasphématoires (entartement d’évêques), conférences ou messes violemment perturbées  se multiplient dans la quasi indifférence générale… y compris des pouvoirs publics. 5% de ces actes seraient faits aux Juifs et aux Musulmans, ce serait un tollé général, sinon une guerre planétaire !

            Des non-chrétiens tirent l’alarme. Un Raphaël Delpard[2] avec son : «  La persécution des chrétiens aujourd’hui » et un Bernard Henri Levy :

 

«  (…) J’affirme que face à ces persécutions massives de chrétiens, face au scandale, en Algérie par exemple, des femmes kabyles et chrétiennes mariées de force ou emprisonnées, face à l’élimination lente mais sûre des derniers vestiges – Benoît XVI a dit, empruntant le mot à la Bible Juive, les derniers restes -  de ces églises chrétiennes d’Orient qui ont tant fait pour la richesse spirituelle de l’humanité, il n’y a soudain personne.

       Alors de deux choses l’une :

       Ou bien l’on adhère à la doctrine criminelle et folle de la compétition des victimes (chacun ses morts, chacun sa mémoire et, entre les uns et les autres, la guerre des morts et des mémoires) – et l’on ne se soucie que des « siens ».

       Ou bien l’on ne veut pas y croire ( l’on sait qu’il y a, dans un cœur, assez de place pour plusieurs compassions, plusieurs deuils, des solidarités diverses et non moins fraternelles) – et l’on dénonce avec la même énergie, j’allais dire la même foi, cette haine planétaire, cette vague de fond meurtrière, dont les chrétiens sont les victimes et dont leur ancien statut de représentants de la religion dominante ou, en tout cas, le plus puissante empêche, aussi, que l’on avise. Permis de tuer quand il s’agit des fidèles du «  pape allemand » ? Permis de tuer au nom d’une autre guerre des civilisations non moins odieuse que la première, d’opprimer, humilier, supplicier ? Eh bien non, il faut aujourd’hui, défendre les chrétiens. »[3]

         Logique normale : à l’antisémitisme succède l’anti-christianisme. Et plus précisément : l’anti-catholicisme.

 Relativisme et conformisme virant à la dictature.[4]

         Comment ne pas admirer la lucidité et la précision du diagnostic quasi-chirurgical porté par Benoît XVI  sur l’idéologie actuelle virant à la dictature médiatique :

          « L'époque moderne a parlé de la libération de l'homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l'obéissance à Dieu. L'obéissance ne devrait plus exister, l'homme est libre, il est autonome: rien d'autre. Mais cette autonomie est un mensonge: c’est un mensonge ontologique, car l'homme n'existe pas par lui-même et pour lui-même, et c'est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n'existe pas, si Dieu n'est pas une instance accessible à l'homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité qui devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus - nous le savons depuis l'histoire du siècle dernier - peut également être un "consensus du mal".  La soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l'homme. L'obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l'instance qui nous place face à toutes les instances humaines. (Dans l'histoire de l'humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l'homme, qui sait voir Dieu et, au nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l'obéissance humaine). Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l'obéissance au pouvoir divin, est toujours l'acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.  Aujourd'hui, (grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais)  il existe des formes subtiles de dictatures:  un conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l'Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature. »[5]

 

 Pierre lynché : Jésus lapidé, l’Eglise flagellée !

 

       Le Pape fait régulièrement l’objet un hallali général .Homme sans défense, le voilà convoqué à un tribunal populaire, par des campagnes médiatiques frisant l’hystérie collective. Lynché publiquement. Brocardé universellement. Calomnié insidieusement.

            En négatif, formidable hommage rendu à la Papauté ! S’il déchaîne une telle colère, c’est qu’il ne laisse personne indifférent. Si l’on scrute au microscope chacune de ses paroles et de ses gestes, c’est bien qu’il compte pour le monde entier. Il serait le gourou d’une petite secte, on s’en ficherait. Mais voilà le hic : il est le seul à avoir une parole qui retentit dans tout l’univers. En fait, le seul qui, à l’échelle planétaire, peut parler au nom de l’humanité. L’unique repère encore respecté, écouté, suivi par une multitude, bien au-delà des frontières visibles de l’Eglise catholique. C’est bien pourquoi il est l’homme à abattre. Comme le fut en son temps Jean-Paul II, par le régime totalitaire précédent. Et ce fut l’attentat du 13 mai qui tel un boomerang se retourna contre le régime commanditaire.

            Dans la douloureuse affaire des prêtres pédophiles, il ne tergiverse pas. Il a donné l’exemple parfait du chef lucide et courageux, dont bien d’autres responsables d’institutions sociales pourraient s’inspirer. Il ne se défile pas. Il n’oblique pas. Il prend à bras le corps les problèmes. Il donne l’exemple admirable du parfait équilibre entre exigence et miséricorde, fermeté-douceur, amour et vérité, courage et humilité : ces doubles pôles inséparables. Ne fait-il pas son devoir sous le regard constant de Jésus, et déjà dans la lumière d’éternité en laquelle chacun de nos actes et paroles seront jugés à l’aune de la miséricorde ? Comme nous aimons son humble courage dans le service fidèle d’une Vérité qui ne s’impose que par sa seule beauté. L’homme du «  splendor veritatis », il l’est en toute vérité, comme le fut ce prêtre modèle de ceux de ce XXIème siècle : Jerzy Popieluszko qui sera béatifié le 6 juin prochain. [6]

            Son secret ? Cette humilité, condition de latémérité. Et encore ? Cette passion Eucharistique, source de toute audace apostolique. N’avait-il pas eu ce mot de splendeur à la Fête- Dieu 08 (je l’entends encore) : «  Qui s’agenouille devant le Corps de Jésus ne peut s’agenouiller devant aucune puissance terrestre, aussi puissante soit-elle » En vérité, qui a un cœur d’enfant, ne redoute aucun tyran.

             N’avait-il pas humblement demandé, lors de sa première messe pontificale : «  Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas devant les loups ! » 

              Mais derrière Benoît XVI, qui donc est visé en finale ? Celui-là même dont l’Eglise est le corps et qui a osé Lui-même s’identifier à ses membres (Mt 25,40, Ac 9,5). Prévenus, nous l’étions : «  S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. » (Jn 15,20). En se déchaînant contre Pierre, c’est Celui là-même dont il est et le serviteur et le porte parole et le re-présentant, qui est visé. Car, en définitive, qui donc est l’empêcheur n° 1 de tourner en rond, si ce n’est Jésus ?

               Et entre notre Jésus et Benoît XVI, qui donc encore est visé ? Toute l’Eglise ! Stratégie séculaire : frapper le berger pour disperser le troupeau. Décapiter le corps ! Pas si mal vu : effectivement Tête et Corps ne font qu’un. En négatif, formidable hommage rendu à la réalité de l’Eglise, comme corps, où tous sont solidaires !

 

La première pierre, à toi de la jeter ?

 

          Paradoxalement et inséparablement, elle est l’Église sainte des pécheurs[7]. Sainte, parce que l’Esprit lui donne la sainteté même de Dieu et transfuse en chacun la vie du trois fois Saint. Mais en même temps pécheresse, tout simplement parce que composée de... pécheurs.   Médecin de l’humanité, Jésus est venu la guérir de toutes ses blessures, maladies, fractures. Elle est l’hôpital de l’humanité[8],  hôpital où même l’assassin peut devenir un saint. L’Eglise des pécheurs en train d’être — très lentement — sanctifiés, divinisés. De manière  si souvent cachée, car  l’Esprit Saint agit incognito dans le secret des cœurs.

         Ce qui saute aux yeux, c’est bel et bien les faiblesses  non de l’Église comme telle mais de ses membres. Nous en sommes heurtés et choqués, heureusement ! Nous en souffrons, parce que Dieu lui-même en souffre infiniment plus que nous et intimement en nous. Dans le drame récent, qui pense.  

       Ne dois-je pas déborder de compassion ? Comme Jésus l’est  pour moi. Aimer l’Église, non seulement comme Jésus l’aime, mais comme il m’aime moi. Et comment m’aime-t-il ?  De miséricorde !

          En voyant l’Église en ses plaies, c’est moi-même que je vois. Ses faiblesses, infidélités, déchirures et failles ne me scandalisent pas : je m’y reconnais ! Comment lui jeter la première pierre, sans d’abord me remettre dans la lumière ?

        Et si tu as pu être blessé par des personnes d’Église : pardonne ! Que ces blessures faites par elles deviennent des blessures d’amour pour Elle ! Ces mots magnifiques de jeunes :

      «  J’ai souffert par l’Eglise  autant qu’il est possible, mais là est né mon amour pour elle et mon respect infini du prêtre, parce qu’elle et eux m’ont coûté des larmes et du sang. » (Charline, 18 ans)

     «  L’amour de l’Eglise, telle qu’elle est, à remporté toutes les blessures qu’Elle m’avait faites. Elle est pauvre mais Sainte ! Oui, je l’aime, mon Eglise ! Et puis, je suis moi-même pauvre ! » (Patricia, 20 ans) 

 

Votre pardon, nous l'implorons !

 

        Sainte est l’Eglise, parce qu’elle ne cesse  etd’implorer la miséricorde de Jésus, et de mendier le pardon des hommes. Tout comme j’essaie de le faire moi-même.

        Déjà, pour préparer le grand  Jubilé, Jean Paul II a multiplié les humbles demandes de pardon tous azimuts. Le 7 mars 2000, à la face du monde, l’Eglise catholique, par la voix de son Pasteur a réfracté cet acte de repentance en sept grands créneaux d’infidélités. Attitude courageuse expressément voulue par lui, malgré l’avis réservé d’évêques et de cardinaux.[9]

        Dans son sillage, notre Benoît XVI implore le pardon des victimes. Il pousse toute l’Eglise à faire pénitence, à «  reconnaître devant le Seigneur et devant les autres, les graves péchés commis contre des enfants sans défense, cette honte, ce remords que nous éprouvons tous. »

       Que cet exemple magnifique de courage, de vérité, de clarté, entraîne d’autres institutions et organismes, où ces crimes sont proportionnellement, incomparablement bien plus nombreux, à faire le même travail de purification.