Louis de France,

djihadistes du Levant, et extrémistes d’Occident

 

             Nous sommes en 1250. Saint Louis, prisonnier, comparait devant le sultan du Caire. Joinville est présent, témoin de ce dialogue sidérant :

- «  Quelle est la cause de votre tristesse ? »

- « C’est que je n’ai point gagné ce que je désirais le plus gagner, la chose pour laquelle j’avais laissé mon doux royaume de France, et ma mère, chère encore, qui criait après moi, la chose pour laquelle je m’étais exposé aux périls de la mer et de la guerre.

 

-« Et qu’est-ce donc, O Seigneur Roi, que vous désiriez si ardemment ? »

-«  C’est… ton âme ! Que le diable promet de précipiter dans le gouffre. Mais jamais, grâce à Jésus Christ, qui veut que toutes les âmes soient sauvées, il n’arrivera que satan puisse se glorifier d’une si belle proie. Le Très Haut le sait, lui qui n’ignore rien : si toute le monde visible était à moi, je le donnerai tout entier, en échange du salut des âmes.

 

      -«  Eh quoi ! bon Roi, tel a été le but de ton pèlerinage si pénible ? Nous pensions tous, en Orient , que vous tous les chrétiens, aspiriez ardemment à notre soumission et vouliez triompher de nous par avidité de conquérir nos terre et non par désir de sauver nos âmes.

-« 

 

          Voilà donc le mot-clé lâché. Ce que veut ce Roi missionnaire, en finale, c’est la Gloire du Ciel, la Gloire du Royaume éternel, la propre Gloire du Ressuscité, non seulement pour ce Sultan, mais pour touts les musulmans du monde.

          Le sultan alors de rebondir sur ce mot et d’évoquer le ciel selon le Coran : «  Nous espérons, en suivant la loi du très bénin Mahomet arriver à jouir des plus grands délices dans l’avenir. » (sous-entendu, des quantités de femmes)

          Et le Roi de répliquer, droit dans le mille :

          Et se référant, non à l’Evangile, mais au simple bon sens humain, d’ajouter   : «   En effet, j’ai regardé et examiné son Alcoran et je n’y ai vu qu’ordures et impuretés, tandis que d’après les sages anciens, voire même les païens, l’honnêteté est le souverain bien dans cette vie ». Quel amour de la Vérité !  Quelle audace ! Quels risques encourus, puisque le sultan d’un seul geste peut le faire décapiter d’un seul coup de sabre. 

         

Quel amour de la Vérité !

 

          Sa passion : moins les tortures, la prison, le cuisant échec de Mansourah, mais ces personnes « à au Christ »Gagner ! En filigrane, Paul l’Apôtre des Nations : » Libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous, afin de un grand nombre : les Juifs,les sujets de la loi, gagner les sans-loi. Faible avec les faibles, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous afin d’en quelques uns, à tout prix. (1. Co 9,19-23)

          Oui, à tout prix, au prix même de son exil, de sa liberté, de tout ce dont il s’est arraché, dans les larmes et les cris déchirants de sa mère, Blanche, le suppliant de rester en son Royaume. Au prix de tous les risques encourus par son Royaume laissé en une situation d’extrême fragilité face aux prédateurs qui le menacent.[1]

            20 ans plus tard, aux portes de Tunis, comme aux portes de la mort, il récidive : «  Dites de ma part au Sultan que je désire ardemment le salut de son âme ! Que je voudrais passer le reste de ma vie dans une prison sarrasine sans même voir la lumière du jour (il en avait fait l’expérience), pourvu que votre roi  reçût le baptême avec son peuple, et en toute sincérité. »

            Il caresse même le rêve d’être son parrain de baptême. Sur son lit de mort, in extremis : «  Pour l’amour de Dieu, étudions comment la foi chrétienne pourra être prêchée à Tunis et qui seront les gens que l’on devrait envoyer  prêcher[2]. »

            Son obsession : trouver par qui et de quelle manière l’Evangile pourra le mieux être transmis et donc reçu. Et de penser en priorité à ses chers frères prêcheurs. En tout cela, il est un vrai disciple du Povorello, cherchant à convaincre pacifiquement le sultan plutôt que de lui faire la guerre. Tel est son amour évangélique des ennemis.

 

Eviter l’enfer à ceux qui font l’enfer

 

             Le lien avec l’actualité ?

            Eh bien ! Au moment où les yézidies et nos frères baptisés du Moyen Orient sont systématiquement éradiqués, exterminés, massacrés, nous voulons moins la condamnation que la conversion de djihadistes de l’EL. Rien de moins. Nous voulons l’âme des musulmans intégristes. Qu’ils découvrent et rencontrent ce Jésus doux et humble qui ordonne de remettre l’épée au fourreau et ne se défend qu’avec les armes de ses larmes. Ce Jésus qui a assassiné, massacré, éradiqué qui ?... quoi ?.... La haine,  et toutes les violences du monde. Où ? Dans sa propre chair. Comment ? Par son sang versé.[3] (Eph 2,16)

            Comme le confiait une petite sœur de Bethléem, bouleversée par les explosions à Gaza, jour et nuit,  et les passages de roquettes au dessus de leur monastère de Beit-Shemesh : «  Les djihadistes ne sont pas des monstres mais des enfants de Dieu que je veux engendrer à Dieu par mes jeûnes et mes supplications ». N’obéissent-ils pas  à la lettre à certaines sourates d’une violence extrême avec la certitude d’obéir à Allah de qui vient en direct le Coran ? Comment ne pas désirer ardemment leur conversion à Jésus, ou au moins à un Islam ouvert, modéré et tolérant. Oui, c’est moins leur peau que leur âme que nous voulons. A ceux qui font l’enfer sur la terre, nous voulons éviter l’enfer dans l’Au-delà.

 

Sauver les enfants, ces lieux saints entre tous

 

             Autre chose : Saint Louis prend la croix, contre l’avis unanime de tous ses conseillers, amis, seigneurs et membres de sa famille. Il décide tout seul, en son âme et conscience, au seuil de la mort, de tout quitter, tout abandonner, tout lâcher, pourquoi ? Mais pourquoi donc ? Qu’est-ce donc qui mérite de tels renoncements, de tels sacrifices, de tels risques et périls ? Quel est donc ce trésor pour lequel il affronte les plus atroces souffrances, pour lequel il est prêt même à verser son sang ? On vient de le voir : gagner au Christ l’âme de ces « mahométans », mais aussi arrêter, sur la terre même du Seigneur, ces massacres de pèlerins innocents condamnés à être lapidés, pendus, crucifiés, enterrés vivants, empalés, jusque dans les murs des sanctuaires ( comme quoi, rien n’a changé depuis les croisades,  pour l’ Islam intégriste extrémiste)

            Mais encore arracher à leurs mains ces lieux sang-tifiés par le Sang même de Dieu, consacré par les pas mêmes de Dieu sur sa – et donc  notre – terre. Protéger ces pèlerins de partout, venant  au prix de sacrifices sans nombre – s’y recueillir, s’y ressourcer, s’y sang-tifier. Oui, c’est pour cela, très précisément qu’il tient à demeurer en Terre Sainte, après la tragédie de  Mansourah et de Damiette, et ici encore contre la majorité écrasante de ses conseillers. Il ne veut pas quitter ce Proche Orient tans qu’un seul de ses croisés y est encore prisonnier, tant que tous les corps de ces jeunes martyrs n’ont pas été enterrés dignement, ce qu’il fait de ses propres mains.

            Mais aujourd’hui, où donc sont les églises profanées, saccagées, incendiées ? Bien sûr au Nigéria, Soudan, Kenya, en Erythrée (Boko-Haram et Chebab, etc…), en Syrie, Irak, Pakistan : partout où l’Islam intégriste est au pouvoir  ou l’emporte manu militari.

            Mais elles sont aussi chez nous, en Europe occidentale. Ce sont les âmes et les corps de nos enfants. Ces enfants dont on fausse la conscience[4], falsifie l’intelligence, souille l’innocence,  pervertit le bon sens, trompe la confiance, et par là, bouzille l’existence. Par la pornographie officiellement distribuée, par l’idéologie aberrante et mortifère  du gender inoculée, telle du venin, dans leurs fragiles veines. Cela dès… la maternelle (mot sexiste à éradiquer) et le primaire.

            Eh bien oui, ces temples saints entre tous sont en train d’être profanés, ces sanctuaires de l’Esprit Saint saccagés.[5] N’est-ce pas le pire des sacrilèges ? Cela dans l’indifférence des pouvoirs publics, le j’men foutisme des autorités scolaires, l’indifférence (apparente) de trop de pasteurs, la sanctification de ceux pour qui un enfant n’est plus qu’un gadget à fabriquer, à commercialiser, à exploiter.

            Devant ce saccage, aux ravages terrorisants, où sont nos cris, et nos larmes ? A Nazareth même, notre Pape François l’a crié : « devant les enfants qui pleurent, qui donc sommes-nous ? » Et aux prêtres de son diocèse de Rome : «  Où sont vos larmes de pères, de pasteurs ? »

            Ne peut-on pas appliquer aux djihadistes du Levant comme aux idéologues d’Occident, ces cris déchirants de notre Pape à Yad-Vashem :

            «  Où es-tu ? Où es-tu passé ? Homme qui es-tu ? Je ne te reconnais plus ? Qui es-tu ? De quelle horreur as-tu été capable ? Qu’est-ce qui t’a fait tomber si bas ? Qui t’a corrompu, défiguré ? Qui t’a inoculé la présomption de t’accaparer le bien et le mal. Qui t’a convaincu que tu étais dieu ? Tu t’es érigé en dieu. Seigneur donne-nous honte de cette idolâtrie extrême d’avoir déprécié et détruit notre chair. » (26.05. 2014)

 

Où les violences du Levant répliquent à celles d’Occident

 

            Encore ceci :

            Saint Louis attribuait humblement la tragédie de sa défaite à ses propres péchés, et à ceux de ses troupes. A ses et leurs infidélités au Seigneur, à son manque (à ses yeux) de ferveur et de sainteté. C’est pourquoi, dès son retour, il va œuvrer intensément à sa propre sanctification, multipliant ses actes de dévotion surtout de charité et de miséricorde envers les plus pauvres. Il va travailler à la christianisation en profondeur de son peuple de France. Meilleur moyen de se préparer à une nouvelle croisade.

            Et nous, ne devons-nous pas attribuer notre incapacité à défendre, à protéger les chrétiens et autres minorités d’un massacre général, à la paganisation fulgurante de notre Occident devenu incapable de protéger les plus faibles et les plus vulnérables : nos enfants et nos petits vieux ? Nos échecs là-bas ne sont –ils pas un appel urgent à la ré-évangélisation de nos nations suicidaires, basculant dans l’auto-destruction et dont l’aide au suicide même d’enfants est comme un tragique symbole ?

            Ne l’oublions pas : notre totalitarisme idéologique fait le lit de l’intégrisme islamique. Nos aberrations provoquent leurs révolutions[6]. Les violences déshumanisantes de notre pos-humanisme déchaînent leurs violences exterminatrices. D’un mot : nos monokinis entraînent leurs burkas[7]. Ceci d’autant plus que l’effondrement moral de l’Occident est attribué au Christianisme. Leur génocide organisé et sanglant répond à notre génocide aseptisé d’enfants. Leur terrorisme armé à notre terrorisme feutré. Leur rejet du droit universel à notre rébellion contre le réel. Là-bas des membres de minorités crucifiées, pendant qu’ici nous crucifions nos enfants en niant leur identité sexuelle.

            Nous fustigeons leur régression à des pratiques barbares vieilles de plusieurs millénaires alors que nous régressons aussi, avec nos «  sacrifices » légalisés d’enfants encore à naître ou déjà nés.

            Conclusion : la tragédie sans nom qui se joue au Proche-Orient devrait donc provoquer en Occident un gigantesque sursaut pour sauver la vie même de nos propres enfants, protéger nos propres familles- ces labos de toute paix sociale, rendre le mariage à son vrai visage, restituer l’amour dénaturé à la Source même de tout amour, donc de toute paix. Celui qui, par débordement d’amour ne cesse de nous donner la vie, Sa vie. Déjà im-mortelle.

 

            Encore ceci : saint Louis vénérait comme de vrais martyrs les croisés qui mouraient torturés dans les prisons sarrasines, simplement parce qu’ils refusaient d’apostasier[8]. Aujourd’hui, nous admirons comme de véritables confesseurs de la foi ces chrétiens par dizaines de milliers qui errent dans déserts et montagnes ayant absolument tout perdu pour un seul crime : avoir refusé de renier leur Seigneur Jésus, alors qu’une seule phrase suffisait pour qu’on les laisse tranquilles.

 

Beau Sire Dieu, à ce peuple donne Ta Paix

 

            En cette année centenaire, demandons à l’humble et ardent Louis de France, de nous obtenir ses propres cris et larmes devant la Terre sang-ctifiée par Dieu lui-même, livrée aux mains des infidèles. Comme le sont nos enfants pieds et poings liés aux pornocrates sans conscience, avec la complicité des autorités dites éducatives.[9]

            Supplions pour leur conversion, pour éviter leur condamnation, car ils ont du sang sur les mains, et devront rendre compte de chaque enfant dont ils auront perverti l’âme et souillé le corps. Tout comme les djihadistes de Syrie et d’Irak auront à répondre à l’Enfant-Roi de Bethléem, de tant de sang versé.

            En pensant à la tragédie qui se joue en la Terre même où le Prince de la Paix est venu combattre l’homicide dès l’origine et semer sur notre terre la Paix du Ciel, en cette terre où il est venu abattre en sa chair, le mur de séparation de honte et de peur, faisons nôtre l’ultime prière de notre admirable Saint Louis, les yeux rivés au Ciel :

                          « Ô Jérusalem ! Ô Jérusalem !  Beau Sire Dieu, aie compassion de ce peuple qui demeure ici et donne-lui ta Paix. Qu’il ne soit pas contraint de renier ton Nom. Ô Père, entre tes mains, je remets mon âme.[10] »

 

             

 

 

[1]  Si bien évoqué par ce chef-d’œuvre de Philippe de Villiers : Le Roman de Saint Louis, ed. Albin Michel

 

[2]  Textes cités par David O’Connel, in :   Les propos de Saint Louis,   (Gallimard-Julliard 2013), pp 105-108

 

[3]  Ce qu’expliquait paisiblement ce beau martyr de l’évangile, Don Andréa Santoro – à des jeunes musulmans visitant son église de Trébizonde quelques jours avant qu’il soit lui-même tué par un jeune extrémiste, pendant son action de grâce eucharistique. (Voir son recueil : Lettres de Turquie,  Jubilé, 2006)

 

[4]  « La conscience est le sanctuaire où l’homme est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre » Vatican II, Gaudium et spes n° 16

 

[5] Voir mon récent : Eblouissante sexualité,(ed.du Jubilé), chap V :  Quand pour les pervertir l’Etat kidnappe nos enfants. Une éducation scolaire provoquant notre colère.

 

[6]  " Ils détestent votre monde de soi-disant "tolérance" qui les dégoûte. La pornographie, la drogue, les sodomites, l'alcool, et la célébration de tout cela sur vos centaines de chaînes de télé. Croyez-moi, même les musulmans de France qui se taisent haissent votre système jusqu'au bout de leurs ongles !" Samuel Lafont,  Al Qaïda en France, p 375)

 

[7] -" Ils en arrivent là parce que le monde occidental, obsédé par le fric et la pornographie ne leur offre  strictement rien. La "culture occidentale" ? De quoi parle t-on ? Facebook, le clubbing, la came, le cul, les bagnoles.... Mais les gens veulent plus ! Ils veulent que quelqu'un leur tende la main et leur montre le chemin ! Et l'Islam donne exactement ça. Il s'agit d'une carte. Elle te guide de ta naissance jusqu'à ta mort. Et si tu te conformes strictement aux indications de cette carte, alors les portes du paradis te seront grandes ouvertes."  (Un jeune Français parti faire le dijhad, interviewé par Samuel Laurent. Al Qaïda en France, p 127)

 

 

[8]  Dans sa lettre à ses sujets de 1250 : « les émirs ont choisi parmi leurs prisonniers des jeunes gens qu’ils ont forcé, l’épée levée sur leur tête d’abjurer la foi catholique et d’embrasser la loi de Mahomet, ce que plusieurs ont eu la faiblesse de faire ; mais les autres, comme des athlètes courageux, enracinés dans leur foi et persistant constamment dans leur ferme résolution, n’ont pu être ébranlés par les menaces ou par les coups des ennemis, et ils ont reçu la couronne du martyre. Leur sang, nous n’en doutons pas crie au Seigneur pour le peuple chrétien, ils seront plus utiles dans cette patrie que si nous les eussions conservés sur la terre. Les musulmans ont égorgés aussi plusieurs chrétiens qui étaient restés malades à Damiette.  Propos, p 222. Le sang des chrétiens de Syrie et d’Irak crie au Seigneur pour notre conversion.

 

[9] Pourquoi l’Eglise en Suisse, Hollande, France, ne ferait-elle pas un procès juridique en bonne et due forme aux différents ministères de la dite Education Nationale, contrevenant gravement au Code pénal protégeant encore l’enfant de la pornographie, comme à la Charte de l’ONU pour l’enfant, signée par la France, affirmant que les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants (non l’Etat). Ce serait un geste hautement prophétique que beaucoup de parents plébisciteraient.

 

 

[10] Cette confidence si émouvante à son cousin le Roi d’Angleterre, royalement accueilli à Paris : «  Mon ami roi, il n’est pas facile de te démontrer quelle grande et douloureuse amertume de corps et d’âme j’ai éprouvé par amour pour le Christ dans mon pèlerinage. Quoi que tout ait tourné contre moi, je n’en rends  pas moins grâce au Très Haut. Car en revenant à moi-même, et en entrant et rentrant dans mon cœur, je me réjouis plus de la patience que le Seigneur m’a donnée, par sa faveur spéciale, que s’il m’avait accordé l’empire du monde entier. », Propos de Saint Louis, ed olio ,p 184,

 

 

 

Louis de France, djihadistes du Levant, et extrémistes d'Occident

 

 

             Nous sommes en 1250. Saint Louis, prisonnier, comparait devant le sultan du Caire. Joinville est présent, témoin de ce dialogue sidérant :

- «  Quelle est la cause de votre tristesse ? »

- « C’est que je n’ai point gagné ce que je désirais le plus gagner, la chose pour laquelle j’avais laissé mon doux royaume de France, et ma mère, chère encore, qui criait après moi, la chose pour laquelle je m’étais exposé aux périls de la mer et de la guerre.

 

-« Et qu’est-ce donc, O Seigneur Roi, que vous désiriez si ardemment ? »

-«  C’est… ton âme ! Que le diable promet de précipiter dans le gouffre. Mais jamais, grâce à Jésus Christ, qui veut que toutes les âmes soient sauvées, il n’arrivera que satan puisse se glorifier d’une si belle proie. Le Très Haut le sait, lui qui n’ignore rien : si toute le monde visible était à moi, je le donnerai tout entier, en échange du salut des âmes.

 

      -«  Eh quoi ! bon Roi, tel a été le but de ton pèlerinage si pénible ? Nous pensions tous, en Orient , que vous tous les chrétiens, aspiriez ardemment à notre soumission et vouliez triompher de nous par avidité de conquérir nos terre et non par désir de sauver nos âmes.

-« 

 

          Voilà donc le mot-clé lâché. Ce que veut ce Roi missionnaire, en finale, c’est la Gloire du Ciel, la Gloire du Royaume éternel, la propre Gloire du Ressuscité, non seulement pour ce Sultan, mais pour touts les musulmans du monde.

          

          

Quel amour de la Vérité !

 

          Sa passion : moins les tortures, la prison, le cuisant échec de Mansourah, mais ces personnes « à au Christ »Gagner ! En filigrane, Paul l’Apôtre des Nations : » Libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous, afin de un grand nombre : les Juifs,les sujets de la loi, gagner les sans-loi. Faible avec les faibles, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous afin d’en quelques uns, à tout prix. (1. Co 9,19-23)

          Oui, à tout prix, au prix même de son exil, de sa liberté, de tout ce dont il s’est arraché, dans les larmes et les cris déchirants de sa mère, Blanche, le suppliant de rester en son Royaume. Au prix de tous les risques encourus par son Royaume laissé en une situation d’extrême fragilité face aux prédateurs qui le menacent.[1]

            20 ans plus tard, aux portes de Tunis, comme aux portes de la mort, il récidive : «  Dites de ma part au Sultan que je désire ardemment le salut de son âme ! Que je voudrais passer le reste de ma vie dans une prison sarrasine sans même voir la lumière du jour (il en avait fait l’expérience), pourvu que votre roi  reçût le baptême avec son peuple, et en toute sincérité. »

            Il caresse même le rêve d’être son parrain de baptême. Sur son lit de mort, in extremis : «  Pour l’amour de Dieu, étudions comment la foi chrétienne pourra être prêchée à Tunis et qui seront les gens que l’on devrait envoyer  prêcher[2]. »

            Son obsession : trouver par qui et de quelle manière l’Evangile pourra le mieux être transmis et donc reçu. Et de penser en priorité à ses chers frères prêcheurs. En tout cela, il est un vrai disciple du Povorello, cherchant à convaincre pacifiquement le sultan plutôt que de lui faire la guerre. Tel est son amour évangélique des ennemis.

 

Eviter l’enfer à ceux qui font l’enfer

 

             Le lien avec l’actualité ?

            Eh bien ! Au moment où les yézidies et nos frères baptisés du Moyen Orient sont systématiquement éradiqués, exterminés, massacrés, nous voulons moins la condamnation que la conversion de djihadistes de l’EL. Rien de moins. Nous voulons l’âme des musulmans intégristes. Qu’ils découvrent et rencontrent ce Jésus doux et humble qui ordonne de remettre l’épée au fourreau et ne se défend qu’avec les armes de ses larmes. Ce Jésus qui a assassiné, massacré, éradiqué qui ?... quoi ?.... La haine,  et toutes les violences du monde. Où ? Dans sa propre chair. Comment ? Par son sang versé.[3] (Eph 2,16)

            Comme le confiait une petite sœur de Bethléem, bouleversée par les explosions à Gaza, jour et nuit,  et les passages de roquettes au dessus de leur monastère de Beit-Shemesh : «  Les djihadistes ne sont pas des monstres mais des enfants de Dieu que je veux engendrer à Dieu par mes jeûnes et mes supplications ». N’obéissent-ils pas  à la lettre à certaines sourates d’une violence extrême avec la certitude d’obéir à Allah de qui vient en direct le Coran ? Comment ne pas désirer ardemment leur conversion à Jésus, ou au moins à un Islam ouvert, modéré et tolérant. Oui, c’est moins leur peau que leur âme que nous voulons. A ceux qui font l’enfer sur la terre, nous voulons éviter l’enfer dans l’Au-delà.

 

Sauver les enfants, ces lieux saints entre tous

 

             Autre chose : Saint Louis prend la croix, contre l’avis unanime de tous ses conseillers, amis, seigneurs et membres de sa famille. Il décide tout seul, en son âme et conscience, au seuil de la mort, de tout quitter, tout abandonner, tout lâcher, pourquoi ? Mais pourquoi donc ? Qu’est-ce donc qui mérite de tels renoncements, de tels sacrifices, de tels risques et périls ? Quel est donc ce trésor pour lequel il affronte les plus atroces souffrances, pour lequel il est prêt même à verser son sang ? On vient de le voir : gagner au Christ l’âme de ces « mahométans », mais aussi arrêter, sur la terre même du Seigneur, ces massacres de pèlerins innocents condamnés à être lapidés, pendus, crucifiés, enterrés vivants, empalés, jusque dans les murs des sanctuaires ( comme quoi, rien n’a changé depuis les croisades,  pour l’ Islam intégriste extrémiste)

            Mais encore arracher à leurs mains ces lieux sang-tifiés par le Sang même de Dieu, consacré par les pas mêmes de Dieu sur sa – et donc  notre – terre. Protéger ces pèlerins de partout, venant  au prix de sacrifices sans nombre – s’y recueillir, s’y ressourcer, s’y sang-tifier. Oui, c’est pour cela, très précisément qu’il tient à demeurer en Terre Sainte, après la tragédie de  Mansourah et de Damiette, et ici encore contre la majorité écrasante de ses conseillers. Il ne veut pas quitter ce Proche Orient tans qu’un seul de ses croisés y est encore prisonnier, tant que tous les corps de ces jeunes martyrs n’ont pas été enterrés dignement, ce qu’il fait de ses propres mains.

            Mais aujourd’hui, où donc sont les églises profanées, saccagées, incendiées ? Bien sûr au Nigéria, Soudan, Kenya, en Erythrée (Boko-Haram et Chebab, etc…), en Syrie, Irak, Pakistan : partout où l’Islam intégriste est au pouvoir  ou l’emporte manu militari.

            Mais elles sont aussi chez nous, en Europe occidentale. Ce sont les âmes et les corps de nos enfants. Ces enfants dont on fausse la conscience[4], falsifie l’intelligence, souille l’innocence,  pervertit le bon sens, trompe la confiance, et par là, bouzille l’existence. Par la pornographie officiellement distribuée, par l’idéologie aberrante et mortifère  du gender inoculée, telle du venin, dans leurs fragiles veines. Cela dès… la maternelle (mot sexiste à éradiquer) et le primaire.

            Eh bien oui, ces temples saints entre tous sont en train d’être profanés, ces sanctuaires de l’Esprit Saint saccagés.[5] N’est-ce pas le pire des sacrilèges ? Cela dans l’indifférence des pouvoirs publics, le j’men foutisme des autorités scolaires, l’indifférence (apparente) de trop de pasteurs, la sanctification de ceux pour qui un enfant n’est plus qu’un gadget à fabriquer, à commercialiser, à exploiter.

            Devant ce saccage, aux ravages terrorisants, où sont nos cris, et nos larmes ? A Nazareth même, notre Pape François l’a crié : « devant les enfants qui pleurent, qui donc sommes-nous ? » Et aux prêtres de son diocèse de Rome : «  Où sont vos larmes de pères, de pasteurs ? »

            Ne peut-on pas appliquer aux djihadistes du Levant comme aux idéologues d’Occident, ces cris déchirants de notre Pape à Yad-Vashem :

            «  Où es-tu ? Où es-tu passé ? Homme qui es-tu ? Je ne te reconnais plus ? Qui es-tu ? De quelle horreur as-tu été capable ? Qu’est-ce qui t’a fait tomber si bas ? Qui t’a corrompu, défiguré ? Qui t’a inoculé la présomption de t’accaparer le bien et le mal. Qui t’a convaincu que tu étais dieu ? Tu t’es érigé en dieu. Seigneur donne-nous honte de cette idolâtrie extrême d’avoir déprécié et détruit notre chair. » (26.05. 2014)

 

Où les violences du Levant répliquent à celles d’Occident

 

            Encore ceci :

            Saint Louis attribuait humblement la tragédie de sa défaite à ses propres péchés, et à ceux de ses troupes. A ses et leurs infidélités au Seigneur, à son manque (à ses yeux) de ferveur et de sainteté. C’est pourquoi, dès son retour, il va œuvrer intensément à sa propre sanctification, multipliant ses actes de dévotion surtout de charité et de miséricorde envers les plus pauvres. Il va travailler à la christianisation en profondeur de son peuple de France. Meilleur moyen de se préparer à une nouvelle croisade.

            Et nous, ne devons-nous pas attribuer notre incapacité à défendre, à protéger les chrétiens et autres minorités d’un massacre général, à la paganisation fulgurante de notre Occident devenu incapable de protéger les plus faibles et les plus vulnérables : nos enfants et nos petits vieux ? Nos échecs là-bas ne sont –ils pas un appel urgent à la ré-évangélisation de nos nations suicidaires, basculant dans l’auto-destruction et dont l’aide au suicide même d’enfants est comme un tragique symbole ?

            Ne l’oublions pas : notre totalitarisme idéologique fait le lit de l’intégrisme islamique. Nos aberrations provoquent leurs révolutions[6]. Les violences déshumanisantes de notre pos-humanisme déchaînent leurs violences exterminatrices. D’un mot : nos monokinis entraînent leurs burkas[7]. Ceci d’autant plus que l’effondrement moral de l’Occident est attribué au Christianisme. Leur génocide organisé et sanglant répond à notre génocide aseptisé d’enfants. Leur terrorisme armé à notre terrorisme feutré. Leur rejet du droit universel à notre rébellion contre le réel. Là-bas des membres de minorités crucifiées, pendant qu’ici nous crucifions nos enfants en niant leur identité sexuelle.

            Nous fustigeons leur régression à des pratiques barbares vieilles de plusieurs millénaires alors que nous régressons aussi, avec nos «  sacrifices » légalisés d’enfants encore à naître ou déjà nés.

            Conclusion : la tragédie sans nom qui se joue au Proche-Orient devrait donc provoquer en Occident un gigantesque sursaut pour sauver la vie même de nos propres enfants, protéger nos propres familles- ces labos de toute paix sociale, rendre le mariage à son vrai visage, restituer l’amour dénaturé à la Source même de tout amour, donc de toute paix. Celui qui, par débordement d’amour ne cesse de nous donner la vie, Sa vie. Déjà im-mortelle.

 

            Encore ceci : saint Louis vénérait comme de vrais martyrs les croisés qui mouraient torturés dans les prisons sarrasines, simplement parce qu’ils refusaient d’apostasier[8]. Aujourd’hui, nous admirons comme de véritables confesseurs de la foi ces chrétiens par dizaines de milliers qui errent dans déserts et montagnes ayant absolument tout perdu pour un seul crime : avoir refusé de renier leur Seigneur Jésus, alors qu’une seule phrase suffisait pour qu’on les laisse tranquilles.

 

Beau Sire Dieu, à ce peuple donne Ta Paix

 

            En cette année centenaire, demandons à l’humble et ardent Louis de France, de nous obtenir ses propres cris et larmes devant la Terre sang-ctifiée par Dieu lui-même, livrée aux mains des infidèles. Comme le sont nos enfants pieds et poings liés aux pornocrates sans conscience, avec la complicité des autorités dites éducatives.[9]

            Supplions pour leur conversion, pour éviter leur condamnation, car ils ont du sang sur les mains, et devront rendre compte de chaque enfant dont ils auront perverti l’âme et souillé le corps. Tout comme les djihadistes de Syrie et d’Irak auront à répondre à l’Enfant-Roi de Bethléem, de tant de sang versé.

            En pensant à la tragédie qui se joue en la Terre même où le Prince de la Paix est venu combattre l’homicide dès l’origine et semer sur notre terre la Paix du Ciel, en cette terre où il est venu abattre en sa chair, le mur de séparation de honte et de peur, faisons nôtre l’ultime prière de notre admirable Saint Louis, les yeux rivés au Ciel :

                          « Ô Jérusalem ! Ô Jérusalem !  Beau Sire Dieu, aie compassion de ce peuple qui demeure ici et donne-lui ta Paix. Qu’il ne soit pas contraint de renier ton Nom. Ô Père, entre tes mains, je remets mon âme.[10] »

 

             

 

 

[1]  Si bien évoqué par ce chef-d’œuvre de Philippe de Villiers : Le Roman de Saint Louis, ed. Albin Michel

 

[2]  Textes cités par David O’Connel, in :   Les propos de Saint Louis,   (Gallimard-Julliard 2013), pp 105-108

 

[3]  Ce qu’expliquait paisiblement ce beau martyr de l’évangile, Don Andréa Santoro – à des jeunes musulmans visitant son église de Trébizonde quelques jours avant qu’il soit lui-même tué par un jeune extrémiste, pendant son action de grâce eucharistique. (Voir son recueil : Lettres de Turquie,  Jubilé, 2006)

 

[4]  « La conscience est le sanctuaire où l’homme est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre » Vatican II, Gaudium et spes n° 16

 

[5] Voir mon récent : Eblouissante sexualité,(ed.du Jubilé), chap V :  Quand pour les pervertir l’Etat kidnappe nos enfants. Une éducation scolaire provoquant notre colère.

 

[6]  " Ils détestent votre monde de soi-disant "tolérance" qui les dégoûte. La pornographie, la drogue, les sodomites, l'alcool, et la célébration de tout cela sur vos centaines de chaînes de télé. Croyez-moi, même les musulmans de France qui se taisent haissent votre système jusqu'au bout de leurs ongles !" Samuel Lafont,  Al Qaïda en France, p 375)

 

[7] -" Ils en arrivent là parce que le monde occidental, obsédé par le fric et la pornographie ne leur offre  strictement rien. La "culture occidentale" ? De quoi parle t-on ? Facebook, le clubbing, la came, le cul, les bagnoles.... Mais les gens veulent plus ! Ils veulent que quelqu'un leur tende la main et leur montre le chemin ! Et l'Islam donne exactement ça. Il s'agit d'une carte. Elle te guide de ta naissance jusqu'à ta mort. Et si tu te conformes strictement aux indications de cette carte, alors les portes du paradis te seront grandes ouvertes."  (Un jeune Français parti faire le dijhad, interviewé par Samuel Laurent. Al Qaïda en France, p 127)

 

 

[8]  Dans sa lettre à ses sujets de 1250 : « les émirs ont choisi parmi leurs prisonniers des jeunes gens qu’ils ont forcé, l’épée levée sur leur tête d’abjurer la foi catholique et d’embrasser la loi de Mahomet, ce que plusieurs ont eu la faiblesse de faire ; mais les autres, comme des athlètes courageux, enracinés dans leur foi et persistant constamment dans leur ferme résolution, n’ont pu être ébranlés par les menaces ou par les coups des ennemis, et ils ont reçu la couronne du martyre. Leur sang, nous n’en doutons pas crie au Seigneur pour le peuple chrétien, ils seront plus utiles dans cette patrie que si nous les eussions conservés sur la terre. Les musulmans ont égorgés aussi plusieurs chrétiens qui étaient restés malades à Damiette.  Propos, p 222. Le sang des chrétiens de Syrie et d’Irak crie au Seigneur pour notre conversion.

 

[9] Pourquoi l’Eglise en Suisse, Hollande, France, ne ferait-elle pas un procès juridique en bonne et due forme aux différents ministères de la dite Education Nationale, contrevenant gravement au Code pénal protégeant encore l’enfant de la pornographie, comme à la Charte de l’ONU pour l’enfant, signée par la France, affirmant que les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants (non l’Etat). Ce serait un geste hautement prophétique que beaucoup de parents plébisciteraient.

 

 

[10] Cette confidence si émouvante à son cousin le Roi d’Angleterre, royalement accueilli à Paris : «  Mon ami roi, il n’est pas facile de te démontrer quelle grande et douloureuse amertume de corps et d’âme j’ai éprouvé par amour pour le Christ dans mon pèlerinage. Quoi que tout ait tourné contre moi, je n’en rends  pas moins grâce au Très Haut. Car en revenant à moi-même, et en entrant et rentrant dans mon cœur, je me réjouis plus de la patience que le Seigneur m’a donnée, par sa faveur spéciale, que s’il m’avait accordé l’empire du monde entier. », Propos de Saint Louis, ed olio ,p 184,