La conception immaculée de Marie 

2.

 

       

              Si Elle a été ainsi préservée de manière unique, c'est uniquement en vue d'enfanter son Dieu. Non pour Elle-même, pour Elle seule, mais en fonction de cet Enfant à venir qui sera son Seigneur. La totale et absolue pureté de Marie est une exigence instinsèque de l'Incarnation. Ici, comme pour la Maternité virginale, il est impossible de séparer la Mère du Fils.

              D'avance : ce mot-clé - et pour l'Immaculée Conception et pour l'Assomption - est un refrain du grand cantique qui ouvre la Lettre aux Ephésiens, justement à propos d'être saints et immaculés en sa présence dans l'amour:" "Il nous a élus dès avant... Nous avons été désignés d'avance..." ( Eph 1,1-2,1)

                 Bref, il s'agit bien d'un amour prévenant qui prévoit, prévient, préserve.

          Finalement, Elle est grâciée, miséricordiée, pardonnée comme chacun de nous, mais simplement.... d'avance, et la première ! Merveille réalisée une seule et unique fois dans toute l'histoire du monde : Dieu ne s'est fait Enfant d'une jeune fille qu'une seule et unique fois dans toute l'histoire du cosmos dans l'espace et le temps.

            Et par quoi, précisément, Marie est-Elle purifiée ? Par le sang même de son Fils, puisque c'est le sang même qui a rachté et l'univers et l'humanité tout entière, donc ... Elle aussi !

                Mais voici l'étonnant paradoxe : Elle est blanchie dans le sang même dont Elle est la .... source. C'est Elle qui donne à son Dieu ce sang même qui l'a déjà sauvée, ce sang dont Il aura besoin pour pouvoir la sauver ! Elle est lavée dans le sang que son futur Enfant versera un jour, en premier lieu pour Elle.

            

                  Dans le film de Mel Gibson, La Passion du Christ, Jésus vient d’émettre l’Esprit, Marie s’approche de la croix pour poser un baiser sur ses pieds. Alors du sang de Jésus s’attache à sa bouche, à sa joue. Cela évoque les portes des Hébreux marquées du sang d’un agneau la nuit de la première Pâque. Si Marie est la « Porte du Ciel », ce n’est  pas  qu’Elle  soit  à  part de  ceux que  Jésus a  sauvés  par  son sang,  mais  qu’ Elle en a été marquée la première et, en passant la première, Elle a ouvert pour nous tous l’accès au salut. Cette trouvaille du réalisateur a suscité en moi  une  compréhension  nouvelle du  mystère  de  ce  sang par lequel Jésus lave mes péchés. J’ai  pris conscience qu’au fond,  presque  inconsciemment,  je   sous-estimais le  prix de  ce sang,  surtout  appliqué  à moi, préférant croire qu’un simple mouvement de miséricorde du  cœur  de  Jésus  suffisait  au  pardon  de mes fautes. C’est grâce à Marie que je puis mieux comprendre la « concrétude » pour moi de cette Passion, de ce sang versé, de cet Amour qui passe par la chair. Car cette chair, ce sang, c’est Elle qui les Lui a donnés, alors qu’Il était Dieu. Elle sait ce que c’est. Elle en connaît le prix infini.

 

               « Heureuse es-tu, sœur des pécheurs :

               sur toi le baptême de sang d’avance a rejailli.

                Mais tu es encore la source où Dieu fait homme naîtra de l’Esprit.