Qu'elle te demeure gravée au coeur, ton ordination ! Pour ranimer le don que tu as reçu par l'imposition des mains, tout au long de ta vie, reviens au mystère de ton ordination. En célébrer chaque année l'anniversaire ne suffit pas. Pourquoi ne pas en commémorer le "mensiversaire" (la date chaque mois ?). L'  ordination est bien plus qu'un événement du passé dont il faudrait rafraîchir la mémoire. C'est une réalité qui demeure actuelle. Une réalité permanente en laquelle tu rentres jour après jour.  

           A l'appel de l'Eglise, tu n'as pas répondu " me voici" comme en passant. Chaque matin, n'est-ce pas le cri de ton coeur ? Les anges et les saints n'ont pas défilé à la va-vite. De leur aimante présence, ils ne cessent de t'envelopper. A chaque messe, à ton invitation, ils répondent : " Adsum!"

 
       L'Esprit posé sur toi n'a pas été renvoyé au Père, mission accomplie.Il repose en toi et t'envoie aux frères, mission accompagnée.
       L'onction sainte n'a pas coulé comme l'huile sur une vitre. Elle a pénétré tes mains, comme une pierre imbibée d'huile : des pluies diluviennes pendant des siècles peuvent bien éroder la pierre, elles n'en  n’effaceront pas la tache.

       Oui, tout cela est pour toujours, pour toujours... Répète ce mot ne serait-ce qu'une heure durant ! Ton sacerdoce n'a pas de fin. La vie pourra te faire mille croche-pieds, tu restes prêtre. Pas une chute qui puisse te dépouiller de ton sacerdoce. On peut t'arracher la vie, non le sacerdoce.

           Il en est comme de l'Eucharistie. Une fois consacré, plus rien ne peut déconsacrer le pain. C'est fait, c'est fait. Une fois pour toutes. La Présence en toi de Jésus-Prêtre, ton coeur en est à jamais scellé.
           Au ciel, tu demeureras prêtre. Ton ministère aura pris fin, maiston mystère s'éclairera enfin ! Les enfants que tu auras engendrés, dans la gloire tu pourras encore et toujours les offrir !

         C'était donc le soir du Jeudi Saint. Pas un autre soir. Toute ordination ne nous projette t-elle pas en cet instant éternel "où nous sommes nés du Corps et du Sang de Jésus"?
          Tu étais à genoux devant Jésus. Il a posé les deux mains sur ta tête. Il a levé les yeux au ciel. Il a rendu grâces. Il t'a béni. Il t'a consacré :

         "Père saint ! C'est pour lui que je prie !
         Lui que tu m'as donné, car il est à toi.
         Rends-le saint dans la vérité ! Ta parole est vérité !
         Comme tu m'as envoyé dans le monde,
         moi aussi je l'envoie dans le monde.
         Pour lui, je m'offre en sacrifice
         afin que lui aussi soit consacré dans la vérité". ( Jn 17,17 ss)

         Il t'a remis entre les mains de son Père,
         pour que le Père puisse remettre entre les tiennes son Unique.
         Les mains du Père, comme les tiennes, les voilà gravées à jamais.
         Dans celles du Père : ton nom.
         Dans les tiennes : son Verbe.

          Alors l'Esprit s'en est venu reposer sur toi, pour une nouvelle création. Une création, ce l'est. Là où il n'y avait pas de prêtre, il y a maintenant un prêtre. Un peu comme à la messe : avant, du vin, après, du Sang. Mais entre les deux, quelqu'un s'est glissé, qui a été imploré : "Viens sur ces dons, Esprit Saint !"

        Oui, un être nouveau, un prêtre nouveau est tout à coup là ! On ne sait trop comment. Ou plutôt, on ne le sait que trop : de son ombre, le Souffle t'a enveloppé. En toi, il a fait exister Jésus en son sacerdoce royal.

        Celui qui te femera sa porte, sur le trottoir laissera son Sauveur. Mais pour qui t'ouvrira les bras, son Seigneur lui-même y tombera.
       En qui t'écoutera, résonnera la voix même de la Parole.
       Et qui t'aimera, l'envie le prendra de suivre l'Agneau.
       Désormais, Jésus verra en toi une partie de lui-même.

       Ce n'est pas seulement en ton âme que l'Esprit te configure au Sauveur, mais jusqu'en ton corps. Dans l'Eucharistie, ce n'est pas seulement son âme qu'il te donne, mais son âme au-dedans de son corps.  

       Ton ordination, nuit de Noël : une nativité !
       soir du Jeudi saint : une Eucharistie !
       soir de Pâques : une Pentecôte !

       Et l'Esprit vient poursuivre avec toi son travail créateur.

      A ton tour, tu te pencheras sur un peu de matière,
      tu diras quelques paroles, comme on émet un souffle
      et voilà que la matière devient Quelqu'un

      A ton appel, il est incapable de résister
      toi, qui si souvent, résistes à son appel !
      A peine l'as-tu invoqué, qu'il se précipite
      et vient planer sur les dons.

      Chaque messe : aube nouvelle sur le monde,
      parce qu'à ton ordination, tu t'es laissé remodeler
      par les deux mains bénies du Père.
      Comme en un matin de Genèse.

 

          Qu'elle te demeure gravée au coeur, ton ordination ! Pour ranimer le don que tu as reçu par l'imposition des mains, tout au long de ta vie, reviens au mystère de ton ordination. En célébrer chaque année l'anniversaire ne suffit pas. Pourquoi ne pas en commémorer le "mensiversaire" (la date chaque mois ?). L'  ordination est bien plus qu'un événement du passé dont il faudrait rafraîchir la mémoire. C'est une réalité qui demeure actuelle. Une réalité permanente en laquelle tu rentres jour après jour.  

           A l'appel de l'Eglise, tu n'as pas répondu " me voici" comme en passant. Chaque matin, n'est-ce pas le cri de ton coeur ? Les anges et les saints n'ont pas défilé à la va-vite. De leur aimante présence, ils ne cessent de t'envelopper. A chaque messe, à ton invitation, ils répondent : " Adsum!"

 
       L'Esprit posé sur toi n'a pas été renvoyé au Père, mission accomplie.Il repose en toi et t'envoie aux frères, mission accompagnée.
       L'onction sainte n'a pas coulé comme l'huile sur une vitre. Elle a pénétré tes mains, comme une pierre imbibée d'huile : des pluies diluviennes pendant des siècles peuvent bien éroder la pierre, elles n'en  n’effaceront pas la tache.

       Oui, tout cela est pour toujours, pour toujours... Répète ce mot ne serait-ce qu'une heure durant ! Ton sacerdoce n'a pas de fin. La vie pourra te faire mille croche-pieds, tu restes prêtre. Pas une chute qui puisse te dépouiller de ton sacerdoce. On peut t'arracher la vie, non le sacerdoce.

           Il en est comme de l'Eucharistie. Une fois consacré, plus rien ne peut déconsacrer le pain. C'est fait, c'est fait. Une fois pour toutes. La Présence en toi de Jésus-Prêtre, ton coeur en est à jamais scellé.
           Au ciel, tu demeureras prêtre. Ton ministère aura pris fin, maiston mystère s'éclairera enfin ! Les enfants que tu auras engendrés, dans la gloire tu pourras encore et toujours les offrir !

         C'était donc le soir du Jeudi Saint. Pas un autre soir. Toute ordination ne nous projette t-elle pas en cet instant éternel "où nous sommes nés du Corps et du Sang de Jésus"?
          Tu étais à genoux devant Jésus. Il a posé les deux mains sur ta tête. Il a levé les yeux au ciel. Il a rendu grâces. Il t'a béni. Il t'a consacré :

         "Père saint ! C'est pour lui que je prie !
         Lui que tu m'as donné, car il est à toi.
         Rends-le saint dans la vérité ! Ta parole est vérité !
         Comme tu m'as envoyé dans le monde,
         moi aussi je l'envoie dans le monde.
         Pour lui, je m'offre en sacrifice
         afin que lui aussi soit consacré dans la vérité". ( Jn 17,17 ss)

         Il t'a remis entre les mains de son Père,
         pour que le Père puisse remettre entre les tiennes son Unique.
         Les mains du Père, comme les tiennes, les voilà gravées à jamais.
         Dans celles du Père : ton nom.
         Dans les tiennes : son Verbe.

          Alors l'Esprit s'en est venu reposer sur toi, pour une nouvelle création. Une création, ce l'est. Là où il n'y avait pas de prêtre, il y a maintenant un prêtre. Un peu comme à la messe : avant, du vin, après, du Sang. Mais entre les deux, quelqu'un s'est glissé, qui a été imploré : "Viens sur ces dons, Esprit Saint !"

        Oui, un être nouveau, un prêtre nouveau est tout à coup là ! On ne sait trop comment. Ou plutôt, on ne le sait que trop : de son ombre, le Souffle t'a enveloppé. En toi, il a fait exister Jésus en son sacerdoce royal.

        Celui qui te femera sa porte, sur le trottoir laissera son Sauveur. Mais pour qui t'ouvrira les bras, son Seigneur lui-même y tombera.
       En qui t'écoutera, résonnera la voix même de la Parole.
       Et qui t'aimera, l'envie le prendra de suivre l'Agneau.
       Désormais, Jésus verra en toi une partie de lui-même.

       Ce n'est pas seulement en ton âme que l'Esprit te configure au Sauveur, mais jusqu'en ton corps. Dans l'Eucharistie, ce n'est pas seulement son âme qu'il te donne, mais son âme au-dedans de son corps.  

       Ton ordination, nuit de Noël : une nativité !
       soir du Jeudi saint : une Eucharistie !
       soir de Pâques : une Pentecôte !

       Et l'Esprit vient poursuivre avec toi son travail créateur.

      A ton tour, tu te pencheras sur un peu de matière,
      tu diras quelques paroles, comme on émet un souffle
      et voilà que la matière devient Quelqu'un

      A ton appel, il est incapable de résister
      toi, qui si souvent, résistes à son appel !
      A peine l'as-tu invoqué, qu'il se précipite
      et vient planer sur les dons.

      Chaque messe : aube nouvelle sur le monde,
      parce qu'à ton ordination, tu t'es laissé remodeler
      par les deux mains bénies du Père.
      Comme en un matin de Genèse.