Quel est ce "principe", cette origine en laquelle tout va commencer ? Un débordement, un jaillissement, un rayonnement. L'amour ne peut rien garder pour soi. Sinon, serait-ce encore de l'amour ? Tout, dans la création, est preuve, signe,sacrement de toute la tendresse d'un coeur qui m'aime. La clarté des étoiles pâlit devant la splendeur lumineuse de ton âme.

Alors laisse tes doigts tracer naïvement les lettres du Nom béni ! Sur la poudreuse virginale des 2 000 : les cristaux y scintilleront comme autant de topazes. Au sein même de sa création, il est une mystérieuse présence du Créateur ! Toute chose en est imprégnée, tel un vêtement d'une essence de lavande. Cette présence est une marée puissante qui monte de toutes parts. Et si nous nagions dans cet océan d'Amour ?

Ah ! Recevoir ces yeux toujours étonnés que rien ne peut blaser, des yeux qui ne se lassent pas de dire :" Comme tout est beau !" Des yeux éblouis qui jettent de la lumière sur les choses, et qui font d'elles l'ostensoir de la Présence. Des yeux qui s'étonnent, interrogent et surtout s'émerveillent ! Ainsi clarifié,ton regard émettra des rayons qui illumineront tous ceux sur qui tu le pose.

La Parole, laisse-là descendre loin dans ton coeur. Ne lis pas trop vite. Ne tourne pas trop vite les pages. Ce n'est ni un roman, ni un journal. Lis de manière paisible, tranquille. Sur un mot, une phrase, sache t'arrêter longuement. La Parole te guérit et te construit. Elle te façonne. Elle te sculpte. Elle te recrée...

Nos églises, comme nous devrions les aimer ! Oh ! je voudrais entonner un hymne à la beauté de nos églises. La plupart du temps, nous entrons dans nos églises comme les femmes au tombeau. Le visage penché vers la terre. Nos regards rivés au sol, comment deviner ce visage de lumière qui doucement nous regarde. Des anges pourtant sont là, au seuil de chaque église...

Savoir s'arrêter. Savoir demeurer immobile, de longues minutes. Sans rien faire. Sans même penser peut-être. Simplement en posant son regard sur un parterre de mousse fraîche, une seule perle de rosée...Comme cela nous est difficile, agités, stressés que nous sommes ! Et pourtant, quelle école d'éternité ! Comme l'âme s'y apaise. C'est l'anti-dépresseur numéro un. Chaque diamant de rosée peut me lancer :" Qui me voit, voit le Fils" Pour les yeux, la beauté est la santé.

Ces croix par milliers au sommet des monts et des collines jusque sur des 3000, nous rappellent cette présence du Christ dans une création qu'il a rachetée par son sang. Deux simples poutres ou troncs équarris, croisés l'un sur l'autre, et voilà tout un paysage habité, irradié, sang-ctifié.

Ah ! l'émerveillement ! Ce moment privilégié où nous sommes soudain guéris pou un instant de nous-mêmes et jetés dans une Présence que nous n'avons pas besoin de nommer: qui nous comble en même temps qu'elle nous délivre de nous-mêmes. Me joindre à Lui pour faire chanter les choses nées de ses Mains. Etre poète avec Lui.

Textes et photos  : Daniel-Ange