2122a0_680f227b5f9c4c2fbe24cfb6e64c499b_

Explication de l'icône de l'Annonciation par le Père Lev Gillet

annonciation2.jpg

L'icône de de la fête nous donne à voir le mystère célébré en ce jour.

Devant une architecture montrant que la la scène se passe à l'intérieur mais qui évoque aussi cette "maison bâtie par la Sagesse" de la 3° leçon de vêpres (Prov. IX 1-11) et plus encore la porte spirituelle (3° tropaire de la litie), la chambre nuptiale construite par Dieu (7° ode du canon), le logis que le Fils du Père vient habiter (Apostiches de matines), les deux personnes du récit évangélique se présentent à notre regard.


Leurs attitudes contrastent :
L'ange est animé d'un mouvement de projection ; sur certaines icônes ce mouvement partant du haut se prolonge dans sa droite qui s'avance vers la Vierge dans un geste qui évoque à la fois la parole énoncée, l'autorité et la bénédiction. La main gauche tient un sceptre / bâton signe de puissance et de mission.


La Vierge assise sur un trône, auquel elle est identifiée (3° tropaire de la litie), parfois debout, a une attitude de recueillement et de réceptivité. Un escabeau sous ses pieds indique sa majesté. Sa main droite esquisse un signe d'acceptation. Elle tient dans sa main gauche (sur de nombreuses icônes) le fil pourpre et le fuseau : elle tisse le voile du Temple, activité qui annonce sa maternité divine : Le voile du Temple selon l'épître aux Hébreux figure la chair du Christ.


Quelques icônes montrent le livre du prophète Isaïe, ouvert à l'annonce de la conception virginale : Ecoutez donc, Maison de David !...Le Seigneur lui-même vous donnera un signe. Voici que la Vierge est enceinte et va enfanter un fils, et elle l'appellera Emmanuel (Dieu avec nous). (Isaïe 7, 13-14), indique la méditation de la Mère de Dieu à l'instant de la venue de l'archange.


Plus rarement on peut voir représenté, posé sur une base de colonne, un vase : c'est celui qui contient la manne pain céleste descendu d'En haut ; parfois ce vase fleurit d'une végétation nouvelle qui évoque le printemps, signe du renouveau du monde.


Entre l'ange et la Mère de Dieu un rayon descendant signe discrètement l'action de l'Esprit Saint.
L'éclat rayonnant du fond d'or (ou de la couleur qui lui est substituée), l'harmonie des couleurs participent à la joie et à la gloire de l'évènement :


"En ce jour, c'est l'heureuse annonce de la joie, c'est la fête de la Vierge; le monde d'ici-bas s'accorde aux choses d'en-haut ; Adam est renouvelé, Eve délivrée de sa première affliction et le tabernacle de notre condition humaine devient le temple de notre Dieu par divinisation de la nature assumée. Mystère que la façon dont s'abaisse le Seigneur, merveille que le mode inouï de sa conception! Et du miracle un Ange se fait le serviteur; le sein d'une Vierge reçoit le Fils par l'envoi de l'Esprit divin et d'en haut le Père exprime sa bienveillance; l'union s'accomplit en la commune volonté; en lui et par lui nous voilà sauvés ; unissons donc nos voix à celle de Gabriel et crions à la Vierge: Réjouis-toi, Pleine de grâce de qui nous vient le salut, le Christ notre Dieu, car il a pris notre nature pour l'élever jusqu'à lui. Intercède auprès de lui pour qu'il sauve nos âmes."